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 05A42: Kairne Campbell

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Kairne

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Date d'inscription : 25/09/2013

MessageSujet: 05A42: Kairne Campbell   Dim 29 Sep - 1:16

Une goute saumurée glisse de mon front au cuir usé d'un sac de sable rouge qui avait déjà morflé plus que de raison et un lourd amas de scotch lui suturant le ventre. Alors que la petite goute d'eau s'écrase sur le sol je décroche mon front du punching ball qui se reprend une volé de coups secs et violents.

Il avait son compte, en tout cas moi j'étais crevé et correctement défoulé, je décida donc de lui laisser un peu de répits, du moins jusqu'à demain, même heure, si seulement j'étais toujours là. Ne jamais faire une promesse que l'on ne peut tenir, je lui fit donc mes adieux. Il avait encaissé mes coups et mes problèmes pendant de longues années sans jamais se plaindre.

J'arrache les bandes de mes poignets en me posant sur le banc en acier froid et blanc, comme le reste de la pièce. Tout était blême , fade des murs au plafond. Tout était immaculé ici à part les instruments de sport marqués par la violence, la sueur et le sang.

Ca et une grande baie vitrée au plafond, qui laisse entrer la lumière du dehors, mélange de néons et de faibles rayons d'un soleil couchant. Eclat dansant et virevoltant sur les parois livides et aseptisées du gymnase. Je tente de m'évader, de sortir la tête de l'eau, de voir le ciel et enfin de m'échapper de cette prison salée. Un océan comme maton et des galons pour chaines.


- Kairne, vous venez? C'est bientôt l'heure.

Je me retourne vers mon collègue déjà en uniforme, le képis vissé sur la tête et les joues rasées de près. Un rapide passage de mes doigts sur les miennes pour me rendre compte qu'il était temps qu'elles voit une lame de rasoir.

Je lui répondit d'un petit geste de la tête marqué d'un sourire forcé qui devait plus ressemblé à une grimace. J'empoigne ma serviette et me dirige sous les douches. Plus pâle et plus froide encore que la salle de sport, la lumière artificielle était plus éblouissante et l'humidité ambiante rendait le lieu simplement invivable.

Je tourne les deux robinets pour faire pleuvoir sur mon visage de l'eau tiède. une grande lassitude m'envahis alors, je ferme les yeux en levant la tête vers le pommeau de douche, impossible d'oublier, d'extraire certaines images. Ma main racle mon visage tout en tentant de balayer ses flashs déprimants. Penser à autre chose...


____________


...16 ans, douche commune, pourquoi je penses à ça?

Envahis de nostalgie je repense à ma naissance, à ma renaissance, la où ma vie s'est arrêtée, ou justement là où elle à commencé, recommencé.

En tout cas c'était le grand jour, toute la cité était en fête, c'était l'année de ma promotion. Nous étions tous excités, nous allions enfin savoir ce que le destin nous réservai, quels étaient les projets de Sharrukin à notre sujet. Ces longues années d'études, de formations pour devenir un citoyen modèle, on était parfaitement bien formé. la propagande disait qu'on avait tous la même chance.

On n'entendait, sous les douches, que l'eau qui ruisselait sur les corps juvéniles des futurs hommes de la cité, une tension était palpable, tous étaient nerveux et impatient d'être enfin choisi.

un officier de la cohorte surgis, entouré de policier. Le principes devait avoir dans la cinquantaine, son visage était buriné par l'âge et le fait qu'il se rasait la tête lui donnait un sacré coup de vieux. Une barbe grisonnante et bien taillée rehaussait son autorité.
Il posa le doigt sur moi et directement les policiers vinrent me saisir par les bras et me tirer hors des douches. Aucun de mes camarades ne bougea le petit doigt, moi même je n'aurais pas bougé, nous étions trop bien formaté que pour réagir, que pour agire.

J'étais foutu, impossible de savoir pourquoi j'étais entrainé de force loin de mon destin, mais je ne pouvait protesté, ça n'aurait qu'aggravé ma situation. Je m'imaginait être conduit dans les bas-fond, innocent et  vierge que j'étais j'allais me faire happer, broyer et directement digérer telle du krill dans la gueule d'une baleine.

J'avais beau me creuser la tête je ne voyais pas ce que j'avais fait de mal, les hussards n'ont jamais rien eu à dire de mon comportement, je saluais toujours les prêtres et membres des forces de l'ordre. Je faisais toujours mes corvées sans ergoter, même les plus dégradantes.

Je fus trainer nu dans la cité, les gardes me firent passer à coté de fortuna circule. La grande place ronde était en préparation pour ce jour de fête. Des guirlandes marines étaient tirées depuis les balcons où étaient déroulés de grands étendards bleus au effigie de Sharrukin. Les estrades étaient dressées pour accueillir parieurs et curieux ainsi que les grands bonnets de chaque caste. Sur la scène s'activait une armée de serviteurs pour la faire briller, pour que tout soit prêt pour accueillir la nouvelle promotion d'on je ne ferais visiblement pas partie.

La visite de la ville se termina dans une cellule où la blancheurs des murs se confondaient avec celle du sol. La seule chose qui dénotait dans la pièce était une banc aussi immaculé que le reste mais garnis de menottes. Les gardes m'assit et m'attacha les chevilles, visiblement pas enclin à m'adresser la parole et a me donner la moindre information, ils quittèrent la pièce, me laissant seul et complètement nu, livré à mes peurs et à l'inconnu.

Impossible de savoir combien de temps j'attendis dans cette enfer baigné de lumière aveuglante. Des heurs et des heurs sans savoir pourquoi j'étais là, savoir ce qu'il allait advenir de moi. La porti s'ouvrit enfin après une éternité, je pensais être libéré mais au lieu de pouvoir sortir, on fit entrer neuf jeunes gens vraisemblablement de ma promotion, filles et garçons confondu, aussi nu et perdu que moi. Ils furent attachés au banc et après avoir reçu une seule instruction les policiers nous abandonnaient de nouveau à notre sort.

Ce taire, voilà le mot d'ordre reçu, et personne ne rompis ce silence. J'avais tout de suite compris que la loterie c'était jouée sans moi, on venait de me retirer mon avenir. Toute ma jeunesse avait été contrôlé mais j'avais tenu bon, comme tout le monde je savais que ce n'était qu'une étape avant la vrai vie. L'aléatoire aurait choisi un avenir où je me s'aurais épanouis. Mais on m'avait volé mon futur et comme toujours, j'allais être prisonnier des choix d'une autre. Les affiches de propagandes sur l'égalité, la même chance pour tous. Faut croire que c'était pas pour moi. Je compris à ce moment là que je ne serais jamais libre.

une longue heure dans ce silence, on n'entendait que la respiration lente des dix futures miliciens, car c'était pour ça qu'on était là, recrutés par le corps nous allions intégrer la police de Sharrukin. La porte s'ouvre enfin et une femme d'une trentaine d'années, entre. Des cheveux  charbons étaient tirés en arrière ce qui lui donnait un air sévère accentué d'une fine bouche serrée et d'un regard perçant.


- 'Aaaarde à vous!

La voix porta loin et fort, très impressionnante pour la carrure de la jeune officier don une autorité presque surnaturelle en émanait. Et d'un bon, comme un seul homme, nous nous sommes redressés. Activés d'un réflexe inné car jamais dans notre parcourt nous avions reçu une formation militaire.

L'instructrice passa devant tout le monde, examinant de près chacune de ses recrues livrés à son regard pénétrant. Nous étions nu mais je ne me suis jamais senti aussi vulnérable que devant elle, personne ne m'avait sondé comme elle l'avait fait. Elle prit beaucoup de temps pour m'analyser, plus que pour les autres. Impossible de savoir ce qu'elle en a pensé, ses yeux verts étaient impénétrables. Autant elle lisant en vous comme dans un livre ouvert qu'elle était une énigme. Du moins du haut de mes 16 ans.
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Kairne

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MessageSujet: Re: 05A42: Kairne Campbell   Lun 30 Sep - 20:03

Elle quitta la pièce sans dire un mot de plus et fut directement remplacer par un autre policier, visiblement plus jeune et moins gradé, un sourire franc sur le visage. Sadique amusé de nous voir prendre la place qu'il occupait il y a peut. Il savait ce qu'on allait vivre, ce qui allait suivre, en y repensant, j'aurais du plus me méfier ou du moins avoir plus peur, mais que pouvais-je faire?

Il poussa sur un bouton libérant les chaines qui nous entravaient les pieds puis, d'un geste, nous invita à le suivre. Dans le couloir immaculé se trouvaient d'autres pièces similaires à notre cellule d'où sortaient d'autres jeunes gens, aussi nus que nous et aussi vulnérables. Deux grandes lignes bleus allaient dans le sens du courent, l'officier nous plaça dessus en nous ordonnant de l'accompagner.

Sans vraiment d'autre choix l'on se mit à suivre cette direction, sans savoir vers quoi elle nous amenait. Le secret était toujours gardé, personne avant d'entrer dans le corps ne savait réellement ce qui se passait dans le corps. Le couloir semblait interminable mais il déboucha sur un mur avec deux petites portes battantes blanches.

A l'intérieur un énorme lavoir industrielle composé de box ridiculement petits pouvant et devant accueillir dix personnes. Chaque groupe avaient le sien et le notre portait le chiffre quatre. Certaines des autres enclaves étaient déjà pleine et une odeur de chlore nous agressa les narines dés notre arrivée.

J'entra dans ma cellule avec mes nouveaux compagnons de galère pour prendre notre dernière douche en tant que civil. Pas de savon ni de shampoing, juste une étrange éponge bleu était à disposition. L'eau qui sorti du pommeau n'en était pas, c'était un mélange de produits chimiques assez corrosif qui devait ronger plus que la crasse et la sueur. L'éponge était simplement là pour arracher ce qui n'avait pas déjà été dissout.

La peau rougie et les yeux irrités je repris ma route dirigé par cette ligne bleu qui nous forçait à garder ordre et discipline. Des gardes nous surveillaient, vérifiant que nous restions bien groupés et qu'on ne provoquait pas de désordre.

La pièce suivante avait des allures d'abattoir, bien qu'aux murs irréprochablement blancs et aux carrelages propres. Un courant d'eau se déversait continuellement d'un sillon, éventrant le bas du mur de part en part, pour finir sa course dans une rigole équipée d'évacuations large comme une jambe.  Le système d'évacuation était installé pour évacuer cheveux, ongles et sang.

Une armée de serviteurs était occupé à approfondir le nettoyage de nos corps. Deux virent directement sur moi et sans me laisser le temps de réagir, se mirent à me couper les ongles et les cheveux au ciseaux, aucune douceur, les ergots coupés à ras et des entailles dans mon cuir chevelu. C'était une usine dépuration de chitine. Juste le temps de désinfecter leurs instruments qu'ils s'attaquaient déjà à la personne derrière moi.

Mais je n'étais pas tranquille pour autant, deux autres serviteurs, équipés eux de rasoir s'occupèrent de fini l'extermination. J'était toujours dans l'adolescence, j'avais autant de poile sur les joues qu'il y en à sur un poisson mais il faut croire que c'était déjà de trop. Tout passa sous la larme, il ne me restait plus que mes sourcils.

J'avais renoncer a toute pudeur, j'avais même renoncé à mon statut d'être vivant, je me retrouvais dans une fabrique de soldat, posé sur une chaine d'assemblage bleu marine qui me conduisait de pièce en pièce, toujours plus aseptisées, toujours plus inhumaines. J'effaça mon esprit pour ne laisser qu'une carapace vide.

On nous fit entrer seul dans la pièce suivante, de taille beaucoup plus modeste elle sentait la viande grillée, odeur étrange après ses émanation de javel et de désinfectant. Un soldat vêtu d'un tablier blanc se tenait au milieu de la pièce, une machine de 15 centimètres de large bavait une huile noir. Il me fit signe de m'approcher de lui et de tendre mon bras droit. Il y posa son outils qui m'arracha une vive douleur. Elle me laissa une morsure brulante, j'étais marqué au fer rouge.

Il venait d'imprimer mon matricule, la blessure m'avait laissé une marque en relief et l'encre noir m'avait laisser une impression indélébile.


- 05A42!

C'était mon nouveau nom, le soldat venait de le crier avant d'appeler le suivant. Je devais partir pour laisser la place, mais la douleur était si virulente. Je me serais bien recroqueviller dans un coin pour attendre que ça passe. Pas d'émotion, pas de sentiment, pas le temps pour ça. Je pris donc la porte suivante, tenant mon bras meurtri contre moi.

Encore une pièce, c'est la dernière, mais la pire.

Une femme en uniforme et blouse blanche était assise sur une chaise, un espèce d'aspirateur entre les mains. Son visage était fermé, elle semblait aussi heureuse d'être là que moi. Elle me fit signe de l'approcher et je m'exécuta, encore une torture à endurer, je pensais que je ne pouvais vivre pire que mon matricule, c'était sans savoir ce à quoi servait son instrument.

Elle souleva mon sexe avant d'aller chercher mon prépuce grâce à une longue pince froide. Après tout ce que j'avais déjà vécu, je n'avais même pas le réflexe de reculer, tu sais ce qu'elle va faire, ou du moins tu l'imagines, et tu laisses faire. Avec ça machine de torture elle me ciconcisa. Le bout fut avaler et un gel brulant, servant de cicatrisant, enroba mon phallus.

Un garde m'aida à reprendre ma route le long de la ligne bleu. Physiquement je n'étais plus qu'une coquille vide, impossible de rester stoïque face à cette douleur, qu'un seul moyen pour se contrôler, quitter son corps. Réflexe de défense, ne plus être présent psychiquement, ne plus vivre cette torture forcée. Comment rester humain dans cette froideur, sous cette torture? Comment continuer?

Je repris conscience dans une salle baigné de lumière, assit sur un banc froid qui me glaçait le fessier et à coté de moi une pille de vêtement blanc et bleu marine surmonté d'un képis. Des ombres s'activaient lentement autour de moi, tout semblait tourner au ralentis alors qu'il n'en était rien. Les pauvres êtres erraient tout comme moi dans le monde physique, tentant de se raccrocher à la vie.

J'enfila les vêtements qui étaient parfaitement à ma taille, l'uniforme m'a toujours sied, ironie déprimante. Je ne voulais pas le retirer, je voulais le garder, il me protégeait, me gardait en sécurité alors qu'aujourd'hui il représente mon pire ennemi.



____________

Je fini tout de même de l'enfiler, il avait prit du galon mais restait toujours aussi inconfortable même si il faisait partie de moi, il était devenu ma peau et ma vie.
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